Potosi

Mardi 22 novembre, 20°C

Il y bien longtemps de ça, avant l’arrivée même des espagnols, un Indien, perdu au milieu de l’altiplano sur les contreforts d’une haute montagne, voulu faire du feu pour se réchauffer et il vit les pierres du foyer fondre. C’est comme ça qu’est relatée la découverte de la Cerro Rico, la « montagne riche », qui abritait la plus grande mine d’argent du monde, aussi appelée Sumaq Urqu en Quechua, la belle montagne.
Les avides conquistadors espagnols bâtirent la ville de Potosi en contrebas de cette montagne, à 4070 mètres d’altitude quand même, et certains contèrent qu’ils avaient extrait assez de minéraux précieux pour construire un pont en argent jusqu’en Europe. Ce qui est avéré c’est que cette richesse fabuleuse fut gaspillée en guerre dans toute l’Europe, et que l’Espagne ressortit de son « siècle d’or » ruinée et affaiblie. Du côté bolivien, des historiens estiment qu’à travers les siècles 8 millions de mineurs, la plupart des esclaves, moururent au travail dans ces mines.
Les mines furent longtemps fermées, et sont maintenant exploitées sous formes de coopératives mais les ressources d’argent sont désormais beaucoup plus faibles et c’est surtout l’étain qui fait vivre, misérablement, les mineurs.
De nôtre côté, on a pris la décision de ne pas les visiter, car on se posait beaucoup de questions sur le côté éthique d’une sorte de tourisme de la misère, sans compter que souvent les guides font exploser de la dynamite pour le seul plaisir des touristes. Même si on sait aussi qu’une partie des bénéfices des visites est censée être reversée aux mineurs pour améliorer leur ordinaire.
En revanche on a été subjugué par la visite de la Casa de la Moneda. Située au cœur du centre ville historique colonial, classé lui aussi au patrimoine mondial de l’Unesco, cette maison retrace l’histoire de la ville, intimement liée à la recherche et à l’utilisation du précieux minéral.

L'entrée de la Casa de la Moneda et son bacchus français !
L’entrée de la Casa de la Moneda et son bacchus français !

La monnaie était battue sur place, et on peut y admirer de fantastiques machines à laminer en bois gigantesques qui ont longtemps servi, puis les machines à vapeur et électriques qui leur ont succédé. La visite nous fait parcourir cette maison, qui fut longtemps le centre de pouvoir de la ville et du pays. Les cours pavées, qu’on peut admirer des galeries en bois ou sous les arcades qui les relient, se succèdent.

Les différents ateliers du travail du métal
Les différents ateliers du travail du métal

Les balades en ville sont très agréables sous le joli soleil qui nous accompagne, mais la température tombe vite avec la nuit, et on n’aura pas trop chaud en cherchant des points de chute pour dîner le soir. Surtout qu’on a mis du temps à trouver des endroits sympas car au premier abord, on trouve surtout des restaurants à touristes très chers, ou des vendeurs de poulets frits qui nous attirent peu.
Heureusement on trouve encore de délicieuses salteñas, quoiqu’un peu en dessous de celles de Sucre !

Petits délices à la viande
Petits délices à la viande

La place centrale et sa cathédrale
La place centrale et sa cathédrale

Dans ce centre ville si beau, on visitera quelques belles églises et couvents, dont celui de San Francisco, avec ses catacombes lugubres et son toit offrant une vue dégagée et lumineuse sur la ville, avec sa belle et haute cathédrale et dominant le tout, sa source d’existence, de vie et de morts, le Cerro Rico.

À propos de l'auteur: Gaëtan

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